COLLECTION 4C
Collection 4C est un système de luminaires contemporains inspiré des coiffures africaines. Le projet transforme des architectures capillaires en signes, volumes et objets lumineux.
Qu'est-ce que COLLECTION 4C ?
Collection 4C est un système de luminaires contemporains inspiré des coiffures africaines et de leur puissance graphique, culturelle et architecturale.
Le projet cherche à mettre en lumière, au sens propre comme au sens symbolique, des langages culturels souvent sous-représentés dans le design contemporain. À partir d’architectures capillaires issues de différentes cultures africaines, 4C développe un système graphique et formel capable de générer des signes, des volumes, des abat-jours et des objets lumineux.
La collection ne cherche pas à reproduire littéralement des coiffures ni à produire des objets folkloriques ou simplement décoratifs. Elle propose une traduction contemporaine de références culturelles africaines, pensée pour les intérieurs d’aujourd’hui.
À travers 4C, le luminaire ne sert pas seulement à éclairer un espace : il devient un médium capable de révéler une histoire, une forme et une présence.
Pourquoi le nom 4C ?
4C fait référence à une classification souvent utilisée pour désigner les cheveux afro les plus crépus, denses et serrés.
Dans ce projet, 4C n’est pas seulement une catégorie capillaire. Le terme devient un point de départ symbolique et formel : il évoque la densité, le volume, la structure et la puissance sculpturale du cheveu afro.
Son aspect codifié renforce également l’idée d’un système de design : 4C peut se lire comme le nom d’une série, d’une gamme ou d’une collection d’objets lumineux.
En choisissant ce nom, la collection affirme une volonté claire : partir d’une matière longtemps marginalisée ou mal regardée pour en révéler la richesse graphique, culturelle et architecturale.
Pourquoi ce projet existe ?
Collection 4C naît d’un constat : les références culturelles africaines, et plus particulièrement les coiffures traditionnelles, sont encore rarement considérées comme des sources majeures dans le design contemporain.
Lorsqu’elles apparaissent, elles sont parfois réduites à des motifs décoratifs, à des signes d’exotisme ou à une inspiration de surface. Le projet cherche à déplacer ce regard. Il ne s’agit pas d’utiliser ces formes comme un simple habillage, mais de reconnaître leur intelligence graphique, leur complexité esthétique et la dignité des cultures qui les ont produites.
Les coiffures africaines sont parfois bien plus que des coiffures. Elles peuvent porter des savoir-faire, des statuts, des récits, des appartenances, des gestes et des mémoires. Elles sont aussi des architectures portées, construites à partir de lignes, de volumes, de rythmes et de structures.
À travers 4C, le luminaire ne fait donc pas seulement entrer la lumière dans un espace. Il met en lumière une histoire, des savoir-faire et une virtuosité formelle souvent sous-représentés.
Ce projet n’est pas pensé contre d’autres cultures. Il naît d’un élan d’amour, de reconnaissance et de rééquilibrage : affirmer que ces formes, ces gestes et ces héritages ont pleinement leur place dans les intérieurs et les imaginaires contemporains.
Déclics et méthode
J.D. ’Okhai Ojeikere
Collection 4C naît d’un premier choc visuel : la découverte des coiffures photographiées par J.D. ’Okhai Ojeikere. Face à ces images, les cheveux ne m’apparaissent plus seulement comme des coiffures, mais comme de véritables architectures portées : des formes construites, rythmées, parfois proches de structures, de tours ou de châteaux d’eau.
Jean Widmer
Le travail de Jean Widmer, notamment sa capacité à réduire une architecture complexe en un signe simple, fort et identifiable, a nourri la méthode graphique du projet : observer, simplifier, extraire, puis recomposer.
Shani Crowe
À ces références s’ajoute l’œuvre de Shani Crowe, dont les tresses sculpturales et les portraits photographiques montrent comment le cheveu afro peut devenir un espace de construction, de mémoire, de beauté et de présence.
Architectures capillaires
Voici quelques exemples de coiffures traditionnelles africaines.
Amasunzu — Rwanda
Coiffure traditionnelle rwandaise, l’Amasunzu est reconnaissable à ses formes en crêtes ou en croissants, sculptées directement dans la masse du cheveu. Historiquement portée par des hommes et par des jeunes femmes non mariées, elle pouvait signaler un âge, un statut ou une étape de vie.
Dans 4C, l’Amasunzu est observée comme une architecture sculpturale : symétrie, crête centrale, volumes latéraux et puissance formelle.
Irun Kiko — Yoruba, Nigeria
Irun Kiko est une coiffure yoruba réalisée par nouage ou enroulement du cheveu avec du fil. Documentée notamment par J.D. ’Okhai Ojeikere, elle révèle une structure aérienne faite de lignes verticales, d’arcs, de tensions et de vides.
Dans 4C, cette coiffure a joué un rôle fondateur : elle a ouvert l’idée de regarder le cheveu comme une architecture portée.
Mbanzi — Zaïre / R.D.C
Mbanzi est le nom donné, dans Collection 4C, à une variation inspirée d’une coiffure à cerceau de bambou documentée au Zaïre, actuelle République démocratique du Congo, au XIXe siècle. Le terme renvoie au bambou en lingala et est utilisé ici comme une désignation contemporaine propre au projet.
Dans 4C, Mbanzi devient une architecture rayonnante : cercle, lignes tendues, vide central et présence solaire deviennent des points de départ pour imaginer des abat-jours et des objets lumineux.
Construire le système graphique
À partir des coiffures observées, Collection 4C développe un travail de simplification et d’abstraction formelle.
Les lignes, les volumes, les rythmes et les symétries sont extraits, puis recomposés à partir de formes élémentaires comme le cercle, le carré et le triangle. Ce processus permet de passer d’une coiffure précise à un langage graphique plus large, capable de générer plusieurs signes, motifs et compositions.
Le système graphique devient alors une base de construction : il ne sert pas seulement à représenter les coiffures, mais à produire une famille de formes pouvant évoluer vers la fresque, l’abat-jour et l’objet lumineux.
Amasunzu — Rwanda
Irun Kiko — Yoruba, Nigeria
Mbanzi — Zaïre / R.D.C
De la 2D à la fresque
Le système 4C peut d’abord exister en surface : fresques, motifs et compositions murales. Chaque coiffure devient une matrice capable de générer de nouvelles variations graphiques.